LIRE LE POÈME · GUIDE POUR LES FRANCOPHONES

Comment lire Martín Fierro dans l’original

Un lecteur qui a fait un peu d’espagnol au lycée comprend déjà une bonne partie du poème, et le français, langue romane, aide à deviner beaucoup de mots. Ce guide montre ce qui change dans l’orthographe de Hernández, quels mots sont trompeurs et comment accéder à chacun des 46 chants.

À propos du texte : les liens « Lire dans l’original » mènent au poème en espagnol, avec les 7 210 vers de José Hernández. Cette édition ne publie pas de traduction intégrale : la traduction française existante est protégée par le droit d’auteur. Les passages en français de cette page sont des traductions d’étude de notre rédaction.

AINSI COMMENCE LE POÈME

« Aquí me pongo a cantar »

Les trois premières strophes du chant I. Le chanteur demande l’aide des saints avant de raconter son histoire, comme le faisaient les payadores en ouvrant leur performance.

Strophe 1Aquí me pongo a cantarAl compás de la vigüela,Que el hombre que lo desvelaUna pena estraordinariaComo la ave solitariaCon el cantar se consuela.
Traduction d’étude

Ici je me mets à chanter au rythme de la guitare, car l’homme qu’une peine hors du commun empêche de dormir se console en chantant, comme l’oiseau solitaire.

vigüela
guitare (de vihuela, l’ancêtre de la guitare)
desvela
empêche de dormir
estraordinaria
extraordinaire (extraordinaria)
Strophe 2Pido a los Santos del CieloQue ayuden mi pensamiento;Les pido en este momentoQue voy a cantar mi historiaMe refresquen la memoriaY aclaren mi entendimiento.
Traduction d’étude

Je demande aux saints du ciel de soutenir ma pensée ; je leur demande, en cet instant où je vais chanter mon histoire, de me rafraîchir la mémoire et d’éclairer mon entendement.

Strophe 3Vengan Santos milagrosos,Vengan todos en mi ayuda,Que la lengua se me añudaY se me turba la vista;Pido a Dios que me asistaEn una ocasión tan ruda.
Traduction d’étude

Venez, saints faiseurs de miracles, venez tous à mon aide, car ma langue se noue et ma vue se trouble ; je prie Dieu de m’assister dans une épreuve aussi rude.

se me añuda
se noue (se me anuda)
ruda
rude, difficile

Poursuivre le chant I dans l’original →

L’espagnol des campagnes : six repères

Hernández écrit comme parle le gaucho de la province de Buenos Aires. L’orthographe semble étrange, mais elle suit des règles simples. Lisez à voix haute : presque toujours, le son révèle le mot.

Dans le poèmeEspagnol standardEn français
güeno, güen, gúenasbueno, buenasbon, bonnes. Le « bu » de la campagne se prononce « gü ».
juí, juego, ajuerafui, fuego, afueraje fus, feu, dehors. Le « f » devient un « j » aspiré.
naides, ansí, ansinanadie, asípersonne, ainsi.
dende, pa, andedesde, para, dondedepuis, pour, où.
sentao, desgraciaosentado, desgraciadoassis, malheureux. Le « d » entre deux voyelles disparaît, comme à l’oral.
estraño, esperenciaextraño, experienciaétrange, expérience. Le « x » savant devient un simple « s ».

Les faux amis

Certains mots ressemblent à des mots français, ou à des mots de l’espagnol appris en classe, et veulent dire tout autre chose dans le poème.

rato
un moment, un petit moment (rien à voir avec le rat)
pelear
se battre, se bagarrer (pas « peler »)
china
la compagne, la femme du gaucho (pas la Chine)
pago
le pays natal, le coin où l’on est né (pas un paiement)
flete, pingo
le bon cheval, le cheval favori (pas le fret)
facón
le grand couteau du gaucho
pulpería
l’épicerie-buvette de campagne, lieu de rencontre et de rixes
picardía
la roublardise, la filouterie (pas la Picardie)

Pour aller plus loin, consultez le glossaire gauchesque.

Première partie · El gaucho Martín Fierro (1872)

Fierro chante la vie heureuse au rancho, l’enrôlement forcé à la frontière, la désertion, la vie de fugitif et l’amitié avec le sergent Cruz. À la fin, les deux hommes passent la frontière pour vivre chez les Indiens.

Seconde partie · La vuelta de Martín Fierro (1879)

Fierro revient, retrouve ses fils et rencontre le fils de Cruz. Chacun raconte son histoire ; il y a le Vieux Vizcacha, la payada avec le Moreno et, au chant XXXII, les conseils à ses fils.

Chant IFiche d’étudeLire dans l’original
Chant IIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant IIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant IVFiche d’étudeLire dans l’original
Chant VFiche d’étudeLire dans l’original
Chant VIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant VIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant VIIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant IXFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XIIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XIVFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XVFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XVIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XVIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XVIIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XIXFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXIIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXIVFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXVFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXVIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXVIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXVIIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXIXFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXXFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXXIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXXIIFiche d’étudeLire dans l’original
Chant XXXIIIFiche d’étudeLire dans l’original

Commencez par le chant XXXII : les conseils à ses fils, avec une traduction d’étude strophe par strophe.

Martín Fierro en français

La traduction française de référence est celle de Paul Verdevoye (1912-2001), hispaniste, avec introduction et notes : Martin Fierro, Paris, Nagel, 1955, Collection UNESCO d’œuvres représentatives (n° 6), 271 pages. On la trouve dans de nombreuses bibliothèques universitaires et municipales. Comme elle est encore protégée par le droit d’auteur, nous ne la reproduisons pas.

Si vous en avez un exemplaire, lisez-le à côté de l’original : cette édition a été pensée pour cela. Une étude sur cette traduction, ses tournures et ses proverbes, est disponible en espagnol à la Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes.

Sources : notices du Catalogue collectif de France (BnF) et du Sudoc.

Comment citer un passage

Indiquez l’auteur, le titre original de la partie, l’année, le chant et la strophe, par exemple : Hernández, La vuelta de Martín Fierro (1879), chant XXXII, strophe 1160. Chaque strophe du lecteur a sa propre adresse, que l’on peut copier. Les traductions d’étude de cette édition peuvent être citées sous la forme « traduction d’étude, MARTINFIERRO.ORG ».