MARTÍN FIERRO POUR LES ÉTUDIANTS · EL GAUCHO MARTÍN FIERRO · 1872
Chant V Abus à la frontière et un malentendu violent
Fiche d’étude en français, à lire toujours à côté du poème original de José Hernández.
Que se passe-t-il au chant V ?
Fierro décrit le service à la frontière comme un piège : les officiers emploient les soldats comme ouvriers agricoles sur leurs propres estancias. Désespéré de s’enfuir, il se rappelle une nuit où une sentinelle étrangère, ivre, ne le reconnaît pas ; Fierro répond par la moquerie, la sentinelle tire et Fierro finit attaché et châtié. La fin du chant aligne les insultes contre les recrues étrangères. Ces insultes appartiennent à un personnage situé dans l’histoire et ne décrivent pas les immigrants.
Vers originaux : 3 passages à étudier
Les strophes viennent du texte original, sans modernisation. Les explications de cette page sont une interprétation, non une traduction.
Aquello no era servicioni defender la frontera;aquello era ratoneraen que sólo gana el juerte:era jugar a la suertecon una taba culera.
Ahi no más, ¡cristo me valga!,Rastrillar el jusil siento:me agaché, y en el momentoel bruto me largó un chumbo;mamao, me tiró sin rumbo,que si no, no cuento el cuento.
Entre cuatro bayonetasme tendieron en el suelo;vino el mayor medio en pedoy allí se puso a gritar:¡pícaro, te he de enseñarandar reclamando sueldos!
Personnages et voix
Martín Fierro ; les commandants de la frontière ; une sentinelle immigrée qui se dit « papolitano » (napolitain) ; les officiers qui ordonnent le châtiment.
Thèmes
Corruption et travail forcé ; châtiments militaires ; malentendus et langue ; préjugés contre les immigrants ; la différence entre être victime et généraliser.
Les mots du chant
- estaquiada
- supplice : le condamné attaché et étiré entre des piquets
- centinela
- sentinelle
- gringo
- étranger, ici avec mépris
- pingo
- bon cheval
- peludo
- ici, cuite, ivresse
Pour une lecture attentive
Le chant met en scène une erreur terrifiante et la machine punitive qui s’ensuit. Fierro est vulnérable face aux officiers, mais il adresse des insultes généralisées à d’autres hommes tout aussi vulnérables. Une lecture responsable reconnaît les deux. Rappelons que l’Argentine de l’époque accueillait de très nombreux immigrants européens, italiens surtout, mais aussi espagnols, basques et français.
Questions pour l’étude et la discussion
- Quelles preuves Fierro donne-t-il que les soldats travaillent pour les officiers ?
- Comment l’alcool, la langue et la peur mènent-ils à l’affrontement avec la sentinelle ?
- L’épisode justifie-t-il la rancœur de Fierro contre toutes les recrues immigrées ?
- Comment discuter ce langage offensant sans en adopter le préjugé ?
Appuyez vos réponses sur des passages du chant original. Plusieurs interprétations peuvent être valables, à condition d’être fondées sur le texte et le contexte.
Source
José Hernández, El gaucho Martín Fierro (1872), chant V, d’après le texte original structuré du site. Résumé, analyse et questions : commentaire pédagogique de la rédaction de MARTINFIERRO.ORG, et non explications de l’auteur.