MARTÍN FIERRO POUR LES ÉTUDIANTS · EL GAUCHO MARTÍN FIERRO · 1872

Chant XIII Fierro et Cruz passent la frontière : la fin de la première partie

Fiche d’étude en français, à lire toujours à côté du poème original de José Hernández.

Que se passe-t-il au chant XIII ?

Fierro dit à Cruz qu’ils sont faits du même bois, persécutés l’un comme l’autre, et propose de chercher refuge au-delà de la frontière. Il médite sur la souffrance, la foi, la raison et la parole, et sur les dangers du voyage. Il imagine qu’ils pourront être accueillis dans un campement autochtone, une attente pleine de préjugés et d’informations incertaines. À la fin, il brise sa guitare ; un narrateur extérieur raconte que les deux hommes rassemblent une petite troupe de chevaux, passent la frontière et disparaissent dans le désert. Le poème se termine sans dire ce qu’ils deviendront.

Lire le chant XIII en entier dans l’original ↗

Vers originaux : 3 passages à étudier

Les strophes viennent du texte original, sans modernisation. Les explications de cette page sont une interprétation, non une traduction.

Strophe 367
ya veo que somos los dosastillas del mesmo palo:yo paso por gaucho maloy usté anda del mesmo modo;y yo, pa acabarlo todo,a los indios me refalo.
Strophe 389
Ruempo, dijo, la guitarra,pa no volverme a tentar;ninguno la ha de tocar,por siguro tengaló;pues naides ha de cantarcuando este gaucho cantó.
Strophe 392
Y cuando la habían pasao,una madrugada clarale dijo Cruz que miraralas últimas poblaciones,y a Fierro dos lagrimonesle rodaron por la cara.

Personnages et voix

Martín Fierro ; le sergent Cruz ; un narrateur extérieur dans les dernières strophes ; les Indiens, dont on ne parle qu’à travers les suppositions de Fierro.

Thèmes

Amitié dans l’exil ; franchir la frontière ; refuge imaginé et préjugés ; foi et dignité humaine ; la fin d’un chant oral ; incertitude.

Les mots du chant

toldería
campement autochtone
cacique
chef
tropilla
petite troupe de chevaux
ñandú
nandou
bolas
boleadoras, lanières lestées de pierres

Pour une lecture attentive

Le passage final de la voix de Fierro à un narrateur qui raconte le départ est décisif. Le refuge autochtone imaginé n’est pas un témoignage historique sur toutes les communautés indigènes. La fin de 1872 est ouverte : le sort des deux hommes ne sera raconté qu’en 1879. Et ce départ n’est pas une simple libération, car ils laissent derrière eux famille, loi et communauté.

Questions pour l’étude et la discussion

  1. Pourquoi Fierro dit-il que Cruz et lui sont faits du même bois ?
  2. Quelles affirmations sur la vie au-delà de la frontière sont des attentes, et non des faits ?
  3. Que signifie briser la guitare à la fin d’un poème qui a commencé en chantant ?
  4. Que dit le narrateur final sur le passage de la frontière, et que laisse-t-il en suspens ?

Appuyez vos réponses sur des passages du chant original. Plusieurs interprétations peuvent être valables, à condition d’être fondées sur le texte et le contexte.

Source

José Hernández, El gaucho Martín Fierro (1872), chant XIII, d’après le texte original structuré du site. Résumé, analyse et questions : commentaire pédagogique de la rédaction de MARTINFIERRO.ORG, et non explications de l’auteur.