MARTÍN FIERRO POUR LES ÉTUDIANTS · EL GAUCHO MARTÍN FIERRO · 1872

Chant III L’enrôlement forcé et le foyer détruit

Fiche d’étude en français, à lire toujours à côté du poème original de José Hernández.

Que se passe-t-il au chant III ?

Fierro raconte qu’il avait une femme, des enfants et du bétail quand on l’a emmené de force à la frontière. Le chant développe les injustices et les dangers du service militaire, y compris les conflits avec les peuples autochtones. Il faut lire ses descriptions avec esprit critique : c’est le témoignage d’un personnage situé, pas un portrait complet des peuples autochtones.

Lire le chant III en entier dans l’original ↗

Vers originaux : 3 passages à étudier

Les strophes viennent du texte original, sans modernisation. Les explications de cette page sont une interprétation, non une traduction.

Strophe 49
tuve en mi pago en un tiempohijos, hacienda y mujer,pero empecé a padecer,me echaron a la frontera,¡y qué iba a hallar al volver!Tan sólo hallé la tapera.
Strophe 50
Sosegao vivía en mi ranchocomo el pájaro en su nido,allí mis hijos queridosiban creciendo a mi lao...sólo queda al desgraciaolamentar el bien perdido.
Strophe 103
Allí quedó de mojóny en su caballo salté;de la indiada disparé,pues si me alcanza me mata,y al fin me les escapé,con el hilo de una pata.

Personnages et voix

Martín Fierro ; sa famille absente ; les autorités et les soldats de la frontière ; les Indiens, vus par lui.

Thèmes

Enrôlement et contrainte ; déracinement ; perte de la famille ; la frontière comme espace militaire et social ; témoignage partiel.

Les mots du chant

frontera
frontière avec les territoires autochtones
tapera
maison abandonnée ou en ruine (mot d’origine guarani)
indiada
terme péjoratif de l’époque pour un groupe d’Indiens
leva
levée, enrôlement forcé

Pour une lecture attentive

La leva, l’enrôlement forcé des hommes sans travail fixe ou sans papiers, était une pratique réelle dans l’Argentine du XIXe siècle. Hernández en fait le moteur de la tragédie : c’est l’autorité, et non une faute de Fierro, qui détruit la famille. En même temps, le chant introduit l’hostilité du narrateur envers les Indiens, que le lecteur d’aujourd’hui doit identifier comme un préjugé du personnage.

Questions pour l’étude et la discussion

  1. Comment l’ouverture oppose-t-elle l’ancienne maison de Fierro à sa condition ultérieure ?
  2. Quelles formes de pouvoir limitent les choix de Fierro ?
  3. Comment séparer le regard de Fierro sur les Indiens des données historiques sur ces communautés ?

Appuyez vos réponses sur des passages du chant original. Plusieurs interprétations peuvent être valables, à condition d’être fondées sur le texte et le contexte.

Source

José Hernández, El gaucho Martín Fierro (1872), chant III, d’après le texte original structuré du site. Résumé, analyse et questions : commentaire pédagogique de la rédaction de MARTINFIERRO.ORG, et non explications de l’auteur.