MARTÍN FIERRO POUR LES ÉTUDIANTS · EL GAUCHO MARTÍN FIERRO · 1872

Chant VII Violence raciste au bal et la mort d’un homme noir

Fiche d’étude en français, à lire toujours à côté du poème original de José Hernández.

Que se passe-t-il au chant VII ?

Déjà fugitif, Fierro se rend à un bal de campagne. Ivre, il insulte en vers racistes une femme noire qui arrive accompagnée. L’affrontement s’envenime : Fierro frappe l’homme avec une bouteille, les deux se battent au couteau et Fierro le tue. La femme pleure le mort, et Fierro s’en va. Il raconte ensuite que l’homme a été enterré sans veillée. Le chant contient un langage déshumanisant ; sa présence dans le poème ne le rend pas acceptable et ne justifie pas le meurtre.

Lire le chant VII en entier dans l’original ↗

Vers originaux : 3 passages à étudier

Les strophes viennent du texte original, sans modernisation. Les explications de cette page sont une interprétation, non une traduction.

Strophe 194
Como nunca, en la ocasiónpor peliar me dio la tranca.Y la emprendí con un negroque trujo una negra en ancas.
Strophe 199
a los blancos hizo Dios,a los mulatos san pedro,a los negros hizo el diablopara tizón del infierno.
Strophe 216
Tiró unas cuantas patadasy ya cantó pal carnero:nunca me puedo olvidarde la agonía de aquel negro.

Personnages et voix

Martín Fierro ; une femme noire et l’homme qui l’accompagne, tué par Fierro ; les témoins du bal. Ne pas confondre le mort avec le Moreno qui chante dans la payada de La vuelta.

Thèmes

Racisme et déshumanisation ; ivresse et provocation ; violence et responsabilité ; un narrateur qui se présente de façon partiale ; la mort et le deuil.

Les mots du chant

milonga
ici, bal de campagne
pericón
danse traditionnelle
facón
grand couteau du gaucho
moreno
terme de l’époque pour une personne noire
camposanto
cimetière

Pour une lecture attentive

Remarquez la différence entre la sympathie narrative et la justification morale. L’homme qui raconte la persécution qu’il a subie est aussi celui qui lance une provocation raciste et qui tue. Les vers offensants sont cités comme preuve du racisme du narrateur, non comme une opinion approuvée. Ce chant est indispensable pour lire avec esprit critique les conseils contre la violence et la rencontre avec le Moreno en 1879.

Questions pour l’étude et la discussion

  1. Qui commence les insultes et comment la rencontre dégénère-t-elle ?
  2. Comment le narrateur décrit-il l’homme et la femme noirs, et quels préjugés cela révèle-t-il ?
  3. Que conclure des pleurs de la femme et du récit de l’enterrement ?
  4. Pourquoi le mort ne doit-il pas être confondu avec le Moreno de la payada de la seconde partie ?
  5. En quoi ce chant complique-t-il l’image de Fierro comme simple victime ?

Appuyez vos réponses sur des passages du chant original. Plusieurs interprétations peuvent être valables, à condition d’être fondées sur le texte et le contexte.

Source

José Hernández, El gaucho Martín Fierro (1872), chant VII, d’après le texte original structuré du site. Résumé, analyse et questions : commentaire pédagogique de la rédaction de MARTINFIERRO.ORG, et non explications de l’auteur.